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Peet Masse

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Le bulletin de RDV du 3 décembre 2008 nous présentait la vidéo auto promotionnelle de l’artiste Peet Massé, annonçant sa présente exposition : Un superbe plongeon du petit tremplin sans éclaboussures.
Connaissant l’homme avant l’artiste, le clip ne surprend pas, il est
tout à fait à son image. À la suite, nous pouvons nous demander si son
œuvre n’est que le prolongement de ce support publicitaire,
c’est-à-dire ironique, léger et empreint de bouffonnerie.
Détrompez-vous, son art est tout ce qui a de plus sincère, minutieux et
réfléchi.

 

Inspirées principalement par les enjeux environnementaux et autres sujets chauds de notre société moderne diffusés par les médias, l’artiste utilise
différents médiums (découpures de journaux, pochoirs, résine, collages
d’objets tridimensionnels) poussant ainsi le spectateur à scruter
attentivement chaque pièce. Ce dernier se rend rapidement compte de
l’omniprésence de grille-pains et d’un personnage nommé Monsieur Gustin
dans chacun des tableaux. Une relation étroite existe entre l’artiste
et le pantin, les deux ayant une influence sur l’autre. Ils
communiquent par le biais du grille-pain, objet aléatoirement choisi
par le peintre. Impossible de passer sous silence ce moyen de
communication quand ceux-ci ornent le plafond d’une des deux salles
d’expositions.

 

Les compositions nous plongent dans un univers très mouvementé, comme si
nous étions dans un tourbillon. Vous savez ce petit coup de vent
faisant soulever les feuilles mortes en automne? Voilà la sensation
éprouvée, sans pour autant avoir la tête qui tourne et les hauts le
cœur. C’est tout simplement que le mouvement est très bien ressenti par
le rendu des formes et des couleurs. Certains éléments frôlent parfois
l’hyper réalisme. La plupart des tableaux constitués en casse-tête (la
série de Puzzles sont des toiles juxtaposées asymétriquement) crée de
grands formats, permettant  de contempler longuement  chaque œuvre.
Tous les angles sont bons pour observer les créations, voir le fini et
découvrir les mares de résine, rappelant une série antérieure : les
Flaques.

 

Véritable coup de cœur, celles-ci sont des œuvres sur résine auxquelles sont
collés et peints des éléments de la nature (coquillages, brins
d’herbes, carapaces de crabes), sans oublier le grille-pain et Monsieur
Gustin (qui signe également les peintures). Finalement, malgré le volet
« retour à la nature », l’aspect urbain est bien ancré grâce à l’usage
de la peinture en aérosol et au recours des planches à roulette brisées
comme support à quelques représentations.

 

Présentée jusqu’au 21 février 2009 à la Société de développement des arts et de
la culture de Longueuil (SODAC), l’exposition Un superbe plongeon du
petit tremplin sans éclaboussures joint celle de Karin Boyer, Regards
sur le monde génétiquement modifié, une série de photographies et
d’estampes numériques issue de performances/land art avec des chevaux
colorés à la gouache non toxique. Nous sommes ici en présence d’une
nouvelle lignée d’animaux artistiquement modifiés et qui me rappelle
l’émission « Ma petite pouliche ». L’effet des quadrupèdes colorés est
mieux ressenti dans la vidéo des performances que sur le support
photographique en tant que tel. Cependant, le résultat est des plus
étonnants et nous donne un aperçu utopique. Par ailleurs, deux tableaux
résultant d’une collaboration entre les deux artistes parent les murs
des escaliers menant au deuxième étage, une bonne idée de transition. 

 

La SODAC est située au Vieux-presbytère St.Mark, 340 St-Charles Ouest, à
Longueuil (10 minutes de marche à partir du métro, en passant par le
viaduc).
Pour plus d’informations sur les artistes, visitez voxlstudio.com (Peet Massé) et karinboyer.com (Karin Boyer).

Sabrina Roy
Étudiante
en technique de muséologie au Collège Montmorency - Sabrina Roy a
complété 2 années en histoire de l’art et œuvre présentement dans le
domaine muséal, ayant participé au montage d’expositions, à la
diffusion d’artistes et à la vente d’objets d’art.

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